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Bibliographie - revue de presse

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Situation préoccupante des établissements

Les gestionnaires sonnent l'alarme. A un mois de la seconde Conférence nationale sur le handicap, 14 organisations gestionnaires alertent sur la dégradation préoccupante de la situation des établissements. Dénonçant les engagements non tenus de l'Etat au regard de la loi de 2005, elles menacent d'être plus offensives en cette période pré-électorale. Ce n'est pas encore la gueule de bois, mais ça en prend le chemin. Les 14 organisations (1) membres de la Conférence des gestionnaires - un

100 000 personnes sans prise en charge


"Nous sommes confrontés à une triple crise culturelle, budgétaire et sociale dans le secteur du handicap", expose Philippe Calmette, directeur général de la Fédération nationale des associations gestionnaires au service des personnes handicapées (Fegapei). "Pendant les 40 à 50 dernières années, notre activité n'a jamais cessé de croître. Jusqu'à récemment, le taux de progression de nos crédits était à deux chiffres. Dans les années 2000, il avait été réduit de façon importante. Pour 2010 comme ce qui nous est annoncé pour 2011, avec une progression inférieure à 1 %, les crédits de l'Etat et de l'assurance maladie vont à euros constants diminuer". Cette situation est jugée d'autant plus préoccupante qu'environ 100 000 personnes, adultes et enfants, ne sont toujours pas pris en charge. Les gestionnaires relèvent qu'en contradiction des règles de bonne gestion et de qualité de la prise en charge, nombre de personnes handicapées (25000 autistes et 20 000 personnes souffrant de troubles psychiques) restent derrière les murs d'institutions psychiatriques, étant ainsi privées de tout accompagnement social.


"Il faut arrêter de nous mentir"


Cette rencontre avec la presse de la Conférence des gestionnaires a été l'occasion de pointer les manquements à la parole donnée. Lors de la première conférence nationale du handicap en 2008, Nicolas Sarkozy s'était engagée à proposer 50 000 places nouvelles d'ci 2012. Le compte n'y est pas et n'y sera pas, estime les gestionnaires. "Au 31 décembre dernier, résume P. Calmette, nous avions comptabilisé 13 500 places créées réellement; fin 2012, nous serons à 18 000 - 20 000 au mieux, même pas la moitié de l'objectif affiché."
Cette question des chiffres est ultra-sensible, le ministère continuant d'avancer des chiffres jugés fantaisistes qui prennent en compte les créations annoncées, mais pas celles effectivement réalisées suite au gel de crédits décidé par le ministère du Budget. "Nous sommes des acteurs responsables engagés dans un dialogue constructif. La première condition que nous posons, c'est d'arrêter de nous mentir", assène le pourtant calme Philippe Calmette.
 

Culpabilisation des familles


Dans le détail des autres dossiers, la Conférence des gestionnaires a pointé trois problèmes majeurs. Concernant la prestation de compensation du handicap (PCH), la réforme promise en 2008 par Nicolas Sarkozy pour prendre en charge les tâches domestiques n'est toujours pas au rendez-vous. "La PCH permet d'aider la personne à prendre ses repas, mais pas à le lui préparer, dénonce Emmanuel Verny, DG de l'UNA qui intervient au domicile de 40 000 personnes handicapées. D'une certaine manière, on demande aux familles d'en faire toujours plus en les enfermant dans une logique culpabilisante."
Sur les questions de travail, la Conférence déplore la suppression de 400 (sur 20 000) aides aux postes dans les entreprises adaptées. "L'aide aux postes ne doit pas être perçue comme une charge, mais comme un investissement. Comme l'avait montré une étude de KPMG réalisée l'an dernier, si on raisonne globablement, le coût de cette aide est inférieur à celui d'une personne au chômage", plaide le DG de la Fegapei qui rappelle le taux de chômage deux fois plus important chez les personnes handicapées.


Faire du lobbying ?
 

Troisième question longuement abordée : la formation professionnelle. "La question de l'accessibilité doit être appréhendée de façon très large, plaide Isabelle Mérian, directrice de la Fédération des associations, groupements et établissements pour la réadaptation des personnes handicapées (Fagerh, 11 000 personnes handicapées suivies). Il était par exemple prévu de proposer des temps partiels pour suivre des formations. Or, le décret de 2006 très vague n'a pas été suivi d'effets." Elle dénonce, par ailleurs, la réduction de 7 % envisagée pour 2011 de l'enveloppe finançant les formations des personnes handicapées, source de démotivation pour une population moins bien formée que les valides.
Voilà donc le décor planté. La Conférence nationale du handicap s'annonce sous des auspices peu favorables. A un an de l'élection présidentielle, les organisations gestionnaires, plutôt mesurées dans leur expression publique, n'entendent pas laisser, sans broncher, les acquis d'un secteur démolis un à un. "On peut tout à fait évoluer vers un rôle de lobby", conclut Jean-Luc Darguesse, vice-président du Gepso (3).
 

source : réseau FISAF

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